Voici notre troisième article sur le thème des remorques et des sidecars. Si vous avez manqué le coche des précédents, vous trouverez les sujets : « Comment transporter un sidecar sur une remorque » et « Peut-on tracter une remorque avec un sidecar« , sur notre site internet.Ici nous évoquons les remorques tente de toit ou remorques caravane pliante de nos congénères uralistes. Merci à eux d’avoir partagé avec nous leurs expériences.
La tente de toit sur remorque : du fait-maison
Une remorque, c’est bien pour transporter son cochon de lait jusqu’au Millevaches, mais ça peut aussi servir pour y monter une tente. L’idée est simple : poser une tente de toit sur une remorque. Le bon plan ? Elle possède déjà un plancher. Ainsi, il n’y a plus qu’à la solidariser franchement et le tour est joué !
Les avantages ? Dormir dans cette tente en hauteur permet d’être isolé du froid et de l’humidité du sol, de la neige, de limiter la visite de certains animaux, ainsi qu’une rapidité et facilité de déploiement. On peut aussi garder de l’espace libre sous le plancher de la tente pour stocker du matériel et des affaires. Puis une fois arrivé à bon port, on désattèle pour être libre de rouler !
Jack nous raconte comment il a conçu sa remorque avec tente de toit
Compliqué de dormir dans une tente à nos âge 64 et 63 ans. En cherchant sur internet les différents styles de campement, l’idée de la tente de toit pour voiture posée sur une remorque tractée l’Ural s’est imposée.
Notre choix s’est porté sur une tente avec des dimensions correctes :
- pliée : longueur 130cm, largeur 112cm, hauteur 30cm
- dépliée : longueur de 112 x 2 = 224cm, une largeur pour dormir de 130cm et une hauteur de 140cm
Ainsi nous sommes partis en chasse de trouver une bagagère pas trop lourde. Notre choix s’est porté sur une remorque portaflot petite et légère, que nous avons démontées pour garder uniquement le châssis. Nous avons renforcé la structure, puis nous l’avons cloisonnées afin de créer un coffre pour ranger nos affaires (réchaud, et tout le matériel…). L’arrière de la remorque est fermé par une porte pour pouvoir accéder à ce matériel. Quatre béquilles réglables en hauteur sont ajoutées pour caler l’ensemble. Puis, la tente est posée sur les deux barres prévues à cet effet. J’ai aussi rajouté une deuxième batterie en parallèle de celle du sidecar que je peux séparer par l’intermédiaire d’un coupe-batterie qui permet d’alimenter la glacière ou recharger les portables sans utiliser la batterie du véhicule. Et ensuite à nous les vacances !






On va parler poids : l’ensemble chargé avec nous deux et un gros sac d’habits est de 800kg. A savoir, la charge maximale admissible est de 808kg pour l’ensemble du véhicule en F3 sur carte grise.
Au niveau conduite : c’est beaucoup d’anticipation pour le freinage ; dans les descentes, il ne faut pas se laisser gagner par la vitesse car ça pousse un peu ; sur le plat, ça roule bien la remorque suit bien sans se faire ressentir sur le sidecar ; dans les montées et sur les cols, aucun risque d’excès de vitesse et tu as le temps d’admirer le paysage.
Au niveau camping : on y dort bien a deux et la tente et assez spacieuse. Après à nos âge, nous avons besoin d’un peu d’intimité et vu aussi notre manque de souplesse, il nous a fallut ajouter une tente de douche pour nous habiller. Pour faire de l’itinérance c’est bien. Lorsque nous nous en sommes servie comme camp de base, nous avons remplacé la tente de douche par un petit barnum.



NOTRE BILAN :
Nous avons passé de bon moment avec cette remorque tente de toit. Après deux ans de loyaux services, nous avons finalement vendu la tente de toit et le petit barnum pour investir dans un tipi (5m de diamètre, 3m de hauteur) et deux lits de camps. Ainsi, nous avons de la place pour nous habiller, manger, se protéger s’il fait mauvais temps. La durée de d’installation est la même et nous avons gagné 30kg sur l’ensemble.

La caravane pliante : une remorque c’est bien, une caravane pliante c’est encore mieux !
Il existe aussi des tentes-remorques aussi appelées caravanes pliantes. Solution « toute-faite » très pratique. L’avantage ? Très compacte en roulage. Et très confortable une fois dépliée. Voici 3 exemples de caravanes pliantes montées sur remorque :
La caravane pliante d’Anthony F.



Arsène nous raconte comment il a monté sa caravane pliante sur remorque
Achat remorque 470 € , tente de toit 1200 €. Fabrication de deux barres de toit pour fixer la tente. Le poids de l’ensemble est de +/- 160 kg. Pour ce qui est de tracter, il faut être très prudent, en particulier en descente et au freinage. Actuellement je suis parti avec l’ensemble en Espagne à Orihuela Costa, je suis venu par les terre et vais retourner par la côte. Cela fera +/- 2600 km.




Alain nous raconte comment il a fabriqué sa caravane pliante
Au départ, il n’y avait ni chien, ni caravane, juste la lassitude de monter puis démonter une
toile de tente, parfois pour une seule nuit ! La décision fut donc prise. Je me suis mis en quête
d’un châssis, d’une tente de toit et plus tard du chien, fallait bien justifier le proverbe !
Voici donc la saga de ce qui a occupé mon hiver 2015 – 2016.
Tout d’abord le matériel à trouver :
- Un châssis de vieille caravane pliante et là, ce sera une RACLET toute désossée mais encore pas trop pourrie pour trois écus, 6 sous.
- Ensuite, une tente de toit de 4X4 aux dimensions compatibles avec la base de caravane pliante. Ce sera un modèle James BAROUD à prix abordable.
Un tour sur « le coin qui va bien » et en peu de temps, voici les éléments réunis dans mon
garage. Maintenant, y’a plus qu’à !
Première étape : le démontage complet du châssis pour remise en état.
Décapage, peinture, contrôle des suspensions, des roulements et des vérins. Remplacement par du neuf des roues et de la « tête de lapin ». Mise à la cote du plateau en polyester et confection d’une porte
arrière puis installation d’un éclairage de signalisation LED afin de tirer un minimum sur
l’alternateur de la moto.


Seconde étape : mise en place puis adaptation de la tente de toit sur la base caravane.
Le plus compliqué, assurer l’étanchéité du montage afin que la partie coffre du dessous ne prenne pas
la flotte à la moindre averse. Pour ça, j’ai utilisé des chutes de polyester, de la cornière alu et
PVC et assemblé tout ça avec le magique « SIKAFLEX ».



Troisième étape, les finitions !
Du couvre-joint de baignoire pour camoufler la jonction tente de toit/base caravane, installation d’un coffre de flèche en harmonie avec le superbe top-case de mon URAL (non moins superbe !) et petite déco avec quelques « stickers » et lettrages personnalisés pour le fun !


Dernière étape après la vérification du bon fonctionnement de tous les éléments, l’essai route.
Cette Side-Car’avane étant assez légère (environ 110 kg) et bien équilibrée, il est hyper facile
de la manipuler à la main pour venir l’accoupler à son véhicule tracteur, j’ai nommé l’URAL !
C’est donc parti pour un tour d’essai de quelques kilomètres sur les routes chaotiques de
Puisaye. Au démarrage, elle ne se fait pas sentir. Il faut dire qu’un URAL, ça arrache ! En
route, elle se fait oublier sauf peut-être sur les virages serrés qu’il faut peut-être négocier avec
un peu plus de doigté (mais ça, c’est à confirmer sur de plus longs trajets), quand au freinage,
les trois disques BREMBO de l’URAL suffisent largement pour arrêter l’ensemble, même aux
vitesses supersoniques bien connues de ce side-car !
Pour finir, si on parlait un peu de l’utilisation de ce carrosse !
Tout d’abord, il y a la simplicité et rapidité de mise en fonction. L’outil principal, la manivelle qui va servir, en une poignée de minutes (pour ne pas dire secondes !), à déplier les 4 vérins afin de stabiliser la side-Car’avane sur le sol puis encore quelques tours pour ouvrir le toit qui va libérer ainsi l’accès à ce lit déjà tout fait, tant convoité après un long voyage ! Sitôt arrivé, sitôt couché !!!


Si le séjour se prolonge, adepte tout de même d’un minimum de confort, j’ai adapté d’un côté un
auvent destiné à l’origine aux petits fourgons style « Combi VW », qui permet d’avoir un
espace à vivre fermé sous lequel on peut s’installer à l’abri pour les activités quotidiennes
comme l’apéro par exemple ! De l’autre côté, un autre auvent, ouvert cette fois, qui servira
aussi bien de garage pour le side-car ou d’abri supplémentaire pour festoyer ! L’un et l’autre
pouvant se monter indépendamment. Et on n’oublie pas le chien (enfin la chienne) qui ne cesse d’aboyer pendant qu’on fait tout ça…


Remorque bagagère, remorque – tente, caravane et sidecaravane, comme nous l’avons vu, il existe une multitude de possibilités pour emporter tout le confort nécessaire tout en conservant cette liberté et cette joie qu’est de rouler en sidecar. Un grand merci aux sidecaristes ayant participé à la réalisation de cet article. N’hésitez pas à partager avec nous vos idées et expériences avec des remorques. Hip Hip Hip Ural !
—-> Lire nos autres articles sur les remorques tractées par des sidecars