Tracter une remorque en sidecar : voilà un sujet sensible. Et pour cause, cette pratique est très encadrée par le code de la route. Quel poids maximum autorisé en charge ? Quelles sont les dimensions réglementaires ? Attelage freiné ou pas ? Côté conduite, ça donne quoi ? Autant de questions auxquelles nous répondons dans ce premier article dédié à l’aspect purement législatif de l’histoire. Le 2ème volet sera nettement plus récréatif car nous y présenterons les remorques et caravanes plus ou moins farfelues de nos congénères uralistes.
Ce que dit la loi à propos des remorques pour sidecar
Commençons par le sujet qui déchaine les passions : l’aspect législatif. Qu’a-t-on le droit de faire sur le papier ? Peut-on tracter trois stères de bois et deux cochons de lait jusqu’à la Minivernale du Cantal ? A savoir, les réglementations sont différentes selon les pays même à l’intérieur de l’union européenne, ici on s’intéresse à la France.
Il existe deux contraintes : le PTAC (Poids Total Autorisé en Charge) et le poids maximal admissible
D’abord, le PTAC (Poids Total Autorisé en Charge) de la remorque ne doit pas dépasser 50% du poids à vide de la moto elle-même (G.1 sur la carte grise). L’Ural Ranger uralistanais par exemple, affiche 352 kg. Légalement, il est donc impossible de tracter plus de 176kg.
Il faut aussi veiller à ne pas excéder le poids maximal admissible en charge de l’ensemble (F3), c’est-à-dire la masse totale du véhicule tracteur, avec son chargement, ses passagers ET la remorque. Accessoirement, si la donnée F3 est absente ou égale à 0 sur ta carte grise, alors il est interdit de tracter une remorque.
La carte grise du Gobi (notre sidecar) affiche 786 kg en F3. Ainsi, si l’on additionne le poids en ordre de marche G du véhicule (368 kg), la masse de ses deux occupants ne présentant pas de surpoids flagrant (130 kg), de l’outillage et de la pièce détachée (20 kg), quelques slips propres (30 kg), on atteint une masse totale de 548kg. Le poids max étant de 786 kg, il nous reste théoriquement 238 kg que l’on pourrait tracter. Sauf que ? Ce n’est pas possible avec la limite des 50% du poids à vide, qui est davantage contraignante car elle limite le poids tracté à 176 kg.
La remorque, dimensions et freinage
Depuis le 29 Octobre 2012, il est obligatoire de rouler avec une remorque homologuée par le fabriquant, ou pour les modèles fabriqués maison via une réception à titre isolé (RTI). On doit trouver sur le châssis de la remorque, une plaque indiquant le constructeur, le PTAC et les dimensions hors-tout.
Quid des dimensions justement ? Légalement, la moto et sa remorque ne doivent pas dépasser 4 mètres de long. L’Ural mesurant 2,5m, la remorque ne peut pas excéder 1,5m. En hauteur, la limite est à 2,50 m. Cette info peut paraître anecdotique mais elle prend tout son sens si l’on tracte une caravane. Concernant la largeur, le code de la route indique seulement une limite à 2 mètres. Toutefois, pour des raisons pratiques, il nous semble judicieux de ne pas tracter quelque chose de notoirement plus large que le sidecar. Cela évitera notamment pour les têtes en l’air d’embarquer le rétro d’une voiture stationnée en ville. L’Ural présentant une envergure de 1,7m, la remorque idéale ne dépassera pas cette largeur.
Comme pour toute remorque pesant moins de 500 kg, il suffit de répéter la plaque d’immatriculation du véhicule tracteur. Évidemment, toute remorque doit disposer de feux, clignotants et catadioptres en bon état.
Enfin, si le poids total autorisé en charge (PTAC) de la remorque est supérieur à 80kg, elle doit alors être équipée d’un frein indépendant.

Comment rouler en sidecar avec une remorque sans enfreindre la loi ?
Voici un bref résumé pour les lecteurs atteints de flémingites aiguës, avec les critères de choix pour sélectionner ta remorque :
- Le PTAC de la remorque ne doit pas dépasser 50% du poids à vide de l’Ural, soit 176kg.
- La masse totale avec remorque ne doit pas excéder le poids max admissible, soit 786kg.
- La longueur de la remorque doit être inférieure à 1,5m.
- La largeur doit être inférieure à 2m (idéalement moins de 1,7m).
- La remorque doit être homologuée si elle est postérieure au 29 Octobre 2012.
- Elle doit être freinée si son PTAC est supérieure à 80kg.
- Elle doit être dotée de feux, clignotants et catadioptres en état de marche.
- Elle doit être équipée d’une plaque rappelant l’immatriculation de la moto.
Le support d’attelage : la boule
Accessoire indispensable pour atteler quoique ce soit : la boule. Là, il y a deux écoles : tu peux opter pour le modèle Ural, compter environ 370€ chez Classic Bike Esprit. Pour le montage, rien de sorcier, tout est expliqué par l’illustre Zorgol, ici sur le forum de l’association.
Seconde solution, en bricoler un soi-même. Les points de vigilance pour ce montage ? S’assurer que la boule soit centrée par rapport au sidecar sans quoi le comportement sera des plus étranges, réaliser obligatoirement une patte anti-basculement pour éviter que la barre cintrée ne tourne sur elle-même lors d’un effort, et être minutieux lors du câblage électrique pour éviter de se retrouver avec le feu stop à la place d’un clignotant. Dernière étape si l’on veut respecter la loi : l’homologuation.
Important : la charge verticale maximale au point d’attelage de la remorque est de 50kg ! En effet, plus la boule supportera de poids, plus la roue avant du trois-patte sera délestée (risque de perte de direction).
Rouler en sidecar Ural avec une remorque : quels impacts sur le comportement du véhicule et la conduite ?
Avant d’évoquer le comportement d’un Ural attelé, il convient de souligner un point important : la différence poids tracté / poids porté. C’est-à-dire ? Imaginons que tu aies été chargé de convoyer 80kg de chipolatas pour la prochaine AG Ural France. Placés sur la galerie, ces saucisses vont rehausser le centre de gravité de l’attelage. Ainsi, elles vont accentuer les transferts de masse lors d’une accélération, d’un freinage ou même d’un virage. Ton Ural va tanguer. De plus, l’effet poids mort du panier sera exacerbé.
A l’inverse, si tu places les chipos dans une remorque, le centre de gravité du trois-pattes varie bien moins. Le comportement en ligne droite sera donc quasi-inchangé et tu n’aura pas cette sensation d’un sidecar qui « dégueule » en courbe. De plus, la boule d’attelage étant centrée sur la moto, l’inertie du panier sera moindre que dans la configuration saucisses sur galerie. Tout ceci pour dire quoi ? Une masse tractée altère moins le comportement de l’Ural qu’un poids porté – à noter que ce raisonnement est aussi applicable aux merguez.
Cet aparté théorique étant terminée, passons à la pratique. Laissons la parole à nos uralistes adeptes du tractage ? Quels sont leurs retours d’expérience ? Leurs bons conseils ?
« Au démarrage cela tire un peu mais c’est raisonnable. Sur route plate, je sais tenir un 70/75 km/h, par contre dès que cela monte, là les tracteurs me dépassent… Sinon, c’est super marrant et chouette car cela attire les gens et on fait de belles rencontres. Consommation faut pas en parler…. et l’usure du pneu non plus… En conclusion : faut pas être pressé d’arriver » Anthony F.



« J’ai roulé avec ma petite remorque RD180, attelée à mon sidecar Ural de 2014, à travers toute l’Europe. En général, on ne ressent pas la présence de la remorque. Mais tout dépend de ton chargement. Il faut faire attention à ne pas trop charger et surtout mettre le plus lourd sur l’essieu. Il me semble aussi qu’il ne faut pas plus de 50kg sur le point d’attelage. C’est hyper important, car si la remorque est chargée correctement, hormis dans les pentes et des les freinages, tu ne la sens pas.
A l’accélération j’aurai presque parfois tendance à lever un tout petit peu la roue avant, surtout en première. Sinon aucun problème ni en ligne droite, ni dans les virages. Par exemple en ligne droite je peux prendre presque 110km/h compteur. En virage il faut ralentir un peu plus que d’habitude et la relance est légèrement plus laborieuse.
D’après mon expérience, la conduite est plus facile et agréable lorsque l’on tracte une remorque plutôt que quand on charge le sidecar. Je sens vraiment la différence sur route. Et puis c’est intéressant, par exemple lorsqu’on part une semaine avec la bagagère, la moto et le panier sont libres, tout est dans la remorque. ça nous permet d’emmener duvets, chaises, lits picots et tout ce qui nous faut. Une fois arrivé, tu décroches la remorque et tu l’attaches à un arbre pour qu’on ne te la pique pas. Ensuite, tu es libre de vadrouiller avec la moto. C’est une forme de confort. Je n’ai jamais été embêté par la police à propos de mes attelages. Les seuls contraintes : vérifier la pression et l’état des pneus. Après, il y a peu d’entretien (lumières, cligno,…)» Mifink

Voilà, cet article dédié à l’aspect théorique du tractage en Ural touche à sa fin. Le point à retenir ? Si l’on veut rouler dans les clous vis-à-vis de la loi, la contrainte n’est pas vraiment le poids mais bien la longueur. En effet, il est difficile de trouver une remorque qui permette de rester sous la barre des 4m fatidiques de longueur totale. Prochain épisode ? Remorques aménagées, caravanes pliantes, Laponettes et Puckettes : tu ne seras pas déçu du voyage !
—-> Lire nos autres articles sur les remorques tractées par des sidecars
et vive la Puckette !!
Merci pour ce beau tuto.
Merci a tous pour c’est précieux renseignements, et comme d’habitude super reportage
bonjour, je suis content de laisser quelques mots sur le sujet. j’ai fais mon premier grand trajet pour les millevaches de 2016 avec ma remorque ‘a tout faire’.
j’avais les tentes les chaises la table les briques réfractaires etc etc…
gros chargement et beaucoup de poids.
2017, attelage revu à la baisse. chassis de la petite ERKA avec une caisse en feuille d’alu. mieux, mais petit. il fallait emmener le poêle la tente la bouffe etc etc…
2018, un essieu de petite remorque ( roues 10″) au dessus de laquelle j’ai soudé et construit une caisse avec les plaques alu des grands panneaux de signalisation d’autoroute. ils sont très solides et légers. un long timon pour limiter les mouvements de lacet.
ce coup ci, je pouvais charger: la tente les lits picot le poêle les duvets etc etc…
on a fait l’authentic en 2017 et les sorties week-end entres potes.
au niveau du poids, je ne sais pas où on en est. Notre attelage passe bien au niveau des spectateurs. l’ensemble est cohérent.
voilà !
j’aurai aimer mettre des images pour compléter mon récit.
Salut …
Dom
Chambéry
Un bonjour au Ouraliste,
je lis et suis les activités régulièrement. Mon Tourist de 2005 attend dans le garage, bientôt en retraite je pourrais de nouveau rouler.
Roberto Fontana
Intéressant comme sujet . Mais comment fait on quand avec mon side je suis en L3e c ‘est à dire 2 roues , En G j’ai 0 ….En G1, j’ai aussi 0 et pour que ce soit complet en F3, j’ai 0 aussi …….
l’avantage de cette moto est que , pour deux roues ( L3 ) elle est d ‘une stabilité déconcertante et le poids à vide national ( G1, je suis à 0 ) laisse imaginer une consommation ridicule .. …….
Je ne veux pas me vanter , mais qu’est ce qu’il fait beau ……….
En voilà une bonne question !
Tu devrais peut-être baptiser ton Ural Schrödinger : à la fois bicycle et tricycle :):)
rappel obligation des triangles catadioptres, c est ce qui indique que c est bien une remorque , , le plus important étant AVOIR LA PREUVE QUE LA REMORQUE EST ASSUREE , et oui tu peut etre bien dans les clous mais si véhicule (tractée) pas couvert pour les dégats c est là que tu va couiner…..pour ma part doc assurance , » votre véhicule est assuré pour tracter une remorque jusqu a 300kg » ‘axa assurance ural 1995 (ancienne législation) .