Nous avons voulu vous raconter cette balade en particulier parce que l’Assemblée Générale, c’est un moment essentiel de la vie de toute asso. Déjà, c’est une reprise souffle statutairement obligatoire, qui permet de faire les choses sérieusement, pour qu’on puisse ensuite vraiment profiter. Bilan de l’année 2025, vérification de nos comptes, éventuel renouvellement d’une partie du Conseil d’Administration, puis inventaire de nos idées afin d’organiser le programme de l’année qui commence. Bref on se donne les moyens de voir des nouveautés émerger, en collant au plus près possible aux attentes de chacun.
Mais je ne vous raconterai pas ici le contenu de l’AG, puisque le compte rendu officiel est disponible en ligne : https://forum.associationuralfrance.fr/viewtopic.php?t=1960 sur le forum, et sur le groupe facebook de l’Association Ural France, vous y trouverez les photos des amis Berny et André (Pseudo : свобода).
Je reprends une seule photo de ce compte-rendu : celle du nouveau bureau, élu pour l’année 2026.

Heureusement, ce n’est pas que du travail : l’AG c’est aussi et surtout l’occasion de revoir enfin de bons copains et de découvrir les nouveaux adhérents. C’est toujours un moment festif et agréable.
De cette édition 2026, Claude et moi retenons un hébergement de grande qualité, des repas de haut vol (loué soit le traiteur !), des soirées, tièdes avec de longues discussions. Je ne peux rien dire de la visite des sculptures (voir le CR de Berny), que nous avons malheureusement manquée. Vous verrez plus loin que nous nous sommes rattrapés sur le chemin du retour. En 2025, l’AG s’était conclue par les récits des voyages au long cours de trois équipages (Asie centrale, Amérique du nord, Cap Nord). Cette année, parce que c’est bien de changer un peu de thématique, nous avons fini par les récits d’actions humanitaires conduites par deux de nos membres : Africanpostman (Dominique) en Ouganda, et Wlad (Wlad, Uurga mongolie) en Mongolie.
Enfin, si d’autres occasions (la PapyMamivernale de février, la REUF en septembre, des régionales, …) ont en commun avec l’AG la chaleur humaine et le plaisir des retrouvailles, l’AG est pour beaucoup aussi l’occasion d’un voyage, et de découvrir des endroits que nous ne connaissions pas.
Nous embrayons donc sur des images de notre périple
Départ de Bornay, le mercredi précédent l’AG, sidecar peu chargé : le change du soir et les vêtements de pluie sont dans les sacoches latérales de la moto, le reste est dans le coffre. L’itinéraire complet (voyage vers l’AG, visite de la Bretagne, puis retour) fera en tout un poil moins de 3 000 km, parcourus sur une quinzaine de jours.


Première pause à Digoin, pour revoir le Pont Canal qui passe au-dessus de la Loire. Ce canal traverse perpendiculairement la Loire (qui n’est jamais vraiment navigable), permettant aux péniches de faire leur boulot, en ayant pris de la hauteur. Et en ce moment, la moto c’est génial. 6° le matin, 19° l’après-midi, du soleil, de l’air frais, des oiseaux, et des fleurs partout. À Neuvy-Saint-Sépulcre il y a un cygne, un héron, des canards, des aigrettes et des oies. Il y a même un jars qui emm… les susdites.
En chemin, nous avons découvert le très beau château de Culan. C’était le château de l’amiral Louis de Culant, Baron de Culan et compagnon d’armes de Jeanne d’arc, avant de devenir la propriété de Sully, puis celle de Condé. Après la Fronde, Mazarin l’a fait raser, n’en laissant que la partie habitation et ses trois tours.


La halte du soir se fera dans la Vienne, chez des amis que nous n’avions pas vu depuis une bonne trentaine d’années. Ils habitent sur les bords de la Gartempe, une très jolie rivière qui traverse 5 départements.


Puis on a repris la route pour Tonnay-Boutonne, mais cette fois il fait très chaud. (28° sur la moto). Les paysans rentrent les foins. Ça me semble tôt dans la saison ? Chez nous, dans le Jura, ce sera presqu’un mois plus tard. Arrivés à Tonnay-Boutonne, nous découvrons un joli petit château avec sa ferme attenante. Le propriétaire était probablement chasseur : il y a des sculptures de ses victimes le long de l’allée …


Après l’AG, nous nous rendons en Bretagne, que je ne connaissais pas, pour y revoir un bon copain qui avait quitté La Réunion un peu avant nous, il y a 15 ans, et pour participer ensuite à une autre rencontre de sidecaristes tout en découvrant le far ouest armoricain et son beurre salé. Mais avant d’attaquer le Morbihan, comme je ne les connaissais pas non plus, nous commencerons par une balade dans les marais poitevins. Chaud et gadouilleux !
Nous sommes partis à la recherche du Héron pourpré, mais il est resté bien à l’ombre dans les roseaux … nous ne verrons qu’une cigogne dans son nid. Aux sables d’Olonne, Claude s’assoupit sur la plage, après la rando dans les marais poitevins. Entre Noirmoutier et Pornic, il y a des marais salants et, donc, de belles vaches de prés salés. Ça doit être bon à manger.




C’est le genre de réflexion qui peut mettre en appétit, sur le coup des 12h / 12h30, et dans la région, les haltes repas ont leur charme. Aujourd’hui, après les langoustines fraiches, ce sera galette à l’andouille, puis crêpe à l’abricot. La bouteille de cidre brut a pour mission de bien nous amener aux alignements (nous sommes à Plouharnel, où ils font somptueusement l’andouille de père en fils, à côté de Carnac.) On reprendra le régime après les vacances.

Pour digérer, courageuse ascension du tumulus de St Michel, qui offre une vue assez vertigineuse sur la presqu’ile de Quiberon. A partir du Morbihan, l’omniprésence des rhododendrons, magnifiques en cette saison, est un régal pour les yeux. Et Concarneau peut s’enorgueillir, entre autres, d’un joli port !



Mais il y a aussi la « ville close » (Ker cloz en breton, langue qui semble surtout être utile aux fabricants de panneaux, qui doublent la surface vendue aux communes à moindre coût. Figurez-vous que Kemper veut dire Quimper, un peu comme, à la Réunion, Sindni voulait dire Saint Denis). Ker Cloz, donc, c’est une ex-île accessible par un bac tout petit d’un côté, et par un pont et une porte, bien grande, de l’autre. Les rues sont noires de monde. Faut pas venir en été, on dirait. Le parking deviendra payant du 15 juin au 15 septembre. C’est drôlement bien de pouvoir profiter du hors vacances scolaires. En route vers un bar grillé et des saint-jacques snackées avec beurre persillé. Une pause utile après Pont Aven, ses galettes, ses peintres et sa conserverie de poissons.

En route ensuite pour Loctudy, où notre side rencontre la Nao Santa Maria, une réplique de la caraque à trois mats de Christophe Colomb. Invitation au voyage : la Nao Santa Maria et le T120 Bostok semblent se regarder en imaginant d’autres espaces à parcourir. Si j’ai bien compris, il existe une réplique de chacun des 3 navires (la caraque et deux caravelles) qui composaient l’escadre qui a accompli le premier voyage européen vers le nouveau monde, et chaque année un des trois fait un grand voyage, avec une halte à Loctudy. Je crois qu’elles sont basées au Portugal ?


Pendant l’escapade bretonne, la météo nous a logiquement rattrapés par moments. Étonnant, car on nous avait promis que par là-bas, « la pluie ne tombe que sur les cons » … Mais il faisait effectivement beau plusieurs fois par jour, comme annoncé. On s’est arrêtés à Locronan. C’est très beau, mais l’autochtone y est un peu étrange. Ceux à qui je me suis adressé parlaient un peu notre langue, mais maladroitement. (Bon, en fait, c’était peut-être des touristes teutons). La ville est très commerciale, mais la multitude de visiteurs costumés est assez réjouissante.
Apparemment, les fans de cosplay se retrouvent ici, comme en d’autres lieux, pour partager leur passion du costume. Ils se rendent de ville en ville au gré de rassemblements autour de leur thème. Qui a dit que ce phénomène existe aussi chez les motards, quoi qu’à une autre échelle? Il y a définitivement un look « biker » et un pour les amateurs d’hypersportives. Je ne choquerai personne en constatant que chez les Uralistes, le choix soigneux de l’accessoire et le port de la barbe sont souvent des must. A côté des trolls et des inévitables princesses, j’ai particulièrement apprécié la compagnie des gueux. La dame en vert m’a expliqué qu’après s’être princessisée pendant quelques années, c’est finalement en gueuse qu’elle trouve le plus de liberté et de joie de vivre. Elle se rend de ville en ville au gré des rassemblements souvent officieux annoncés sur les réseaux sociaux, pour y retrouver d’autres joyeux et magnifiques fêlés et boire des bons coups.




Ensuite, comme nous avions raté la visite des sculpteurs organisée par l’association Ural France en marge de l’AG, nous avons décidé de visiter la Vallée des Saints. C’est sur une colline, même si ça s’appelle la vallée des saints, et ça se trouve à la limite entre le Finistère et les côtes d’Armor, pas très loin de Carhaix.

L’endroit est assez magique, avec plus de 200 sculptures monumentales de saints en granit inspirées de l’histoire bretonne : des menhirs sculptés pour les touristes de l’an 4 000. Évidemment à Carnac, ils ne connaissaient ni la disqueuse ni le marteau piqueur, du coup les œuvres étaient plus rustiques. Le chantier en cours permet de mieux se rendre compte de l’ampleur du défi que représente chaque sculpture. Voir l’artiste à côté de sa créature donne une idée de l’échelle.




Ensuite, pour revoir la mer, cap sur la baie de Morlaix, magnifique. Des bleus intenses dans le ciel, mais une lumière assez douce…


Il a ensuite fallu quitter la Bretagne, pour nous diriger vers le Perche, où nous devions passer la nuit chez mon frère. Beau soleil le matin, et petites routes ombragées, puis GROSSE drache à partir du mont St Michel…. 😧 J’étais sur le point de m’arrêter, pour nous ruiner dans une biscuiterie et photographier l’abbaye juchée sur son îlot rocheux : il y avait une belle lumière dorée qui détachait le monument sur un fond couleur de plomb qui promettait de faire de cette photo la seule qui méritait d’être prise parmi les milliards de vues du monument qui encombrent le cloud, mais, surprise, le temps de sortir mon smartphone et il avait disparu ! évaporé, ou plutôt noyé sous le déluge qui nous a accompagné pendant la soirée et la journée du lendemain.
Le Perche est probablement vert et ombragé, en tous cas, tout sous l’eau ces jours-là, et je n’ai pas pu le photographier. Sous la pluie, avec la crasse récupérée sur la route, je pense que l’anti patinage semble être mis en défaut, et j’ai eu des coupures d’accélération quand je roulais à vitesse stabilisée. Très désagréable, car du coup il partait légèrement sur la gauche à chaque fois. Pareil, il faut repenser à tendre et à graisser sa chaine. L’Ural avait du bon !

La seule photo que j’ai ensuite pu prendre avant de rentrer à la maison c’est, par-dessus mon épaule, une vue rapide de Rogny les 7 écluses, dans la Pusaye, en bourgogne.
En résumé, vous l’aurez compris, nous avons adoré la Bretagne. Ça tombe bien, il parait que le Conseil d’Administration de l’association Ural France envisage d’organiser la prochaine AG, ou en tous cas une sortie Ural, dans ce territoire des confins occidentaux de notre beau pays.
Comme d’habitude, nous en serons ! C’est l’avantage des AG, toujours dans des coins nouveaux, que de permettre de beaux voyages. Plein de km, certes, mais aussi plein de souvenirs !
Un grand merci à François pour avoir partagé avec nous son voyage d’Assemblée générale ! Si vous aussi vous avez vécu une belle aventure en Ural et que vous souhaitez la partager, contactez-nous par email ! Il suffit de nous envoyer dix à vingt photos ainsi qu’un texte de préférence de plus de 800 mots (ou de répondre aux questions de notre interview). Nous nous occupons de la mise en page et de la publication sur le site internet de l’association.